Quel est notre avis sur le fonctionnement de l’homéopathie?10 Minutes de lecture

L’origine de l’homéopathie est vieille de plus de deux siècles. Elle a été créé par un Docteur Allemand, Samuel Hahnemann, qui au début n’a pas rencontré le succès escompté. Il a même a été reconnu coupable d’exercice illégal de la pharmacie en Allemagne. Ce n’est que bien des années plus tard que le succès arrive enfin, en soignant la fille d’un célèbre écrivain Français, jugée dans un état non récupérable par la médecine traditionnelle.

L’origine du mot homéopathie vient du grec « homoios » qui signifie semblable et du mot « pathos » qui signifie maladie. A travers cette étymologie, on comprend le plus grand principe de l’homéopathie : « guérir le mal par le mal ». Le principe s’oppose à la médecine allopathique. En effet, cette dernière n’utilise pas de substances semblables pour soigner une maladie.

Attention, dans cet article nous allons parler de l’homéopathie (Vendue sous la forme de petites billes contenues dans des tubes de couleurs). Il ne faut pas confondre avec l’aromathérapie ou la phytothérapie qui sont elles des médecines allopathiques, tout comme les médicaments traditionnels.

Quelques chiffres

En France, une personne sur deux a déjà consommé de l’homéopathie. C’est plus que la moyenne internationale. En effet, les français sont de grands consommateurs d’homéopathie et plus généralement de médicaments, homéopathiques ou allopathiques. Cette consommation est en constante augmentation. Il y a seulement vingt ans, seul un tiers des français déclaraient en avoir utilisé.

Aujourd’hui, 36% des français déclarent se soigner régulièrement grâce aux petites granules blanches.

Les médicaments homéopathiques sont remboursés à hauteurs de 30% par la sécurité sociale. Ils sont classés niveau 2/5, c’est à dire que le bénéfice est jugé modéré.

L’homéopathie une exception française ?

En France, pour qu’un médicament soit remboursé, il doit passer par de nombreuses étapes. Tout d’abord, l’entreprise pharmaceutique doit présenter un dossier à la haute autorité de santé qui va étudier la qualité du médicament et son bénéfice thérapeutique. Grossièrement sa dangerosité et son efficacité. Si la commission estime que ces deux critères sont bien respectés le dossier est transmit au comité économique des produits de santé (qui décidera le prix du médicament) et à l’union national des caisses d’assurances maladie (qui fixe le taux de prise en charge). Pour terminer le ministre de la santé validera ou non la décision du remboursement.

Or, plusieurs compte-rendus sortis au cours de la dernière décennie affirment que l’homéopathie n’est pas efficace. En Australie, une analyse a recensé plus de 200 études cliniques qui comparent l’effet d’un traitement homéopathique à celui d’un placebo. La conclusion est qu’aucun des 200 tests cliniques n’a montré de différence entre le médicament homéopathique et le médicament placebo.

De plus l’homéopathie peut être prescrite par un médecin homéopathe. Or selon l’article 39 de déontologie médicale : « Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède au procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. »

Comment est-il donc possible que l’homéopathie soit remboursée par la sécurité sociale et pourquoi certains médecins en prescrivent ? C’est ce que nous allons tenter de comprendre dans cet article.

Les principes de l’homéopathie

Combattre le mal par le mal!

Les homéopathes prétendent qu’il est possible de soigner une maladie en prenant des substances qui provoquent les mêmes réactions ou les mêmes symptômes que la maladie. Par exemple, si vous souffrez d’inflammation vous pourriez prendre du venin d’abeille, car celui ci provoque également une inflammation. Ou encore si vous souffrez d’insomnies vous pourriez prendre de la caféine.

Mais attention, il faut prendre qu’une quantité infinitésimale, c’est pour cela les préparations homéopathique sont très diluées.

 

Dilution

En homéopathie, on pense que plus le principe actif est dilué plus il est efficace. 

Pour connaitre le degré de dilution d’une préparation il suffit de regarder sur le tube, où il est noté un nombre, suivie de « CH ». Qui signifie « Centésimale Hahnémanienne » (En référence à son inventeur).

1CH correspond à un volume de principe actif pour 99 volumes de solvant (un solvant c’est un peu d’alcool mélangé avec beaucoup d’eau).

Par exemple, si vous souffrez d’insomnies, vous pouvez prendre  du « Coffea Cruda 30 CH » (du café).

Voici la recette : 

  • Pour obtenir 30 CH vous devez prendre 1 goutte de « Coffea Cruda » que vous mettez dans un petit verre d’eau contenant 99 gouttes d’eau. Puis vous mélangez la solution obtenue très vigoureusement. C’est l’étape que l’on nomme la succussion.
  • Ensuite vous prenez une goutte de ce nouveau mélange que vous versez dans un autre petit verre contenant encore 99 gouttes d’eau. Et vous recommencez l’opération encore 28 autres fois jusqu’à obtenir 30 CH de Coffea Cruda.

Nb : Pour bien se rendre compte, à 6CH, on sait qu’il y a encore quelques molécules présentes mais on ne dispose pas de technologie assez évoluée pour les mettre en évidence!  A 10CH c’est comme si vous versiez une goutte de café dans le lac Leman et que vous mélangiez le tout.

  • Ensuite,  une petite quantité de ce mélange est pulvérisé sur une bille de sucre.

Vous l’aurez compris, l’efficacité de l’homéopathie ne réside pas dans le principe actif, puisque statistiquement il n’y a plus de molécule présente dans une préparation homéopathique au-delà de 10 CH.

Le secret de l’efficacité d’une préparation homéopathique résiderait donc dans la dernière étape de préparation : la succussion.

Succussion et mémoire de l’eau

La succussion est l’étape de la préparation qui consiste à mélanger très vigoureusement la préparation. C’est lors de cette étape que le principe actif transmettrait son « pouvoir » à l’eau. C’est ce que l’on appelle la mémoire de l’eau. Lors de la succussion, la molécule du principe actif entre en collision de nombreuses fois et à très grande vitesse avec les molécules d’eau. Ces collisions apporteraient aux molécules d’eau un peu du pouvoir du principe actif. Un peu comme si l’eau se rappelait avec quoi elle avait été mélangée. Donc il n’est pas nécessaire qu’une préparation homéopathique contienne du principe actif puisque c’est la mémoire de l’eau qui donnerait de l’efficacité aux petites granules homéopathiques.

C’est en 1970 que le Dr Benveniste, inventa le terme de mémoire de l’eau. Cependant en 1975 l’institut Pasteur a refusé les tests du Dr Benveniste car ces derniers n’étaient pas assez fiables. D’ailleurs, depuis, de nombreux scientifiques ont essayé de reproduire ces expériences sans parvenir au même résultat que Benveniste.

 

L’effet placebo

Nous l’avons vu plus haut, de nombreuses études scientifiques ont montré que l’homéopathie n’avait pas plus d’effet qu’un placebo. D’ailleurs les homéopathe ne réfutent pas les conclusions de ces études. Ils expliquent simplement que ces études ne peuvent pas fonctionner car elles ne prennent pas en compte l’individu, mais juste la pathologie. Et en effet lors de tous ces tests, les personnes sont recrutées sur un seul critère : leur maladie. Or les médecins homéopathes posent des centaines de questions à leurs patients. Deux personnes souffrant de la même affection ne recevront pas du tout le même traitement, car en homéopathie on ne traite pas une pathologie mais un individu dans sa globalité! Et seul les médecins homéopathes savent quel est le bon traitement pour un patient donné atteint d’une pathologie précise.

Donc il ne sera jamais possible de mettre en place une étude clinique suffisamment fiable étant donné que chaque personne est différente. Par ailleurs, ce que l’on sait et ce qui est prouvé c’est que si vous prenez de l’homéopathie en auto-médication, le traitement n’aura pas plus d’effet qu’un placebo.

L’effet placebo en quelques mots

Le simple faite de donner un produit inactif à un patient produit des effets positifs sur ce même patient. C’est ce qu on appelle l’effet placebo. L’effet placebo a été mesuré et il rentre en compte dans 30% de l’efficacité d’un traitement, quel que soit le traitement.

Il faut bien comprendre que l’effet placebo ne fonctionne pas si l’on dit clairement au patient que ce n’est que du sucre. A partir du moment où l’on sait que c’est du placebo, le secret est éventé, l’effet est alors proche de nul.

Au contraire, plus la gamme de médicament est vaste, plus l’on montre que le processus de fabrication est complexe et scientifique (beaucoup de dilution 20CH… avec des noms compliqués du type « Oscillococcinum » par exemple) plus l’effet placebo est important. 

De plus, lors des consultations chez l’homéopathe, ce dernier prend tout son temps pour vous connaitre. Il pose énormément de questions afin de donner le traitement le plus pertinent. Ce qui a pour effet  dans l’inconscient collectif  de rendre l’homéopathie très complexe… Ce qui rend l’effet placebo encore plus puissant.

En conclusion

La première question que j’ai posé au début de l’article était comment est-il possible que la sécurité sociale rembourse l’homéopathie?  Et bien il existe un vide juridique concernant l’homéopathie. Cela est rendu possible grâce à la tradition d’utilisation, c’est à dire que l’on part du principe que : « Comme cela fait longtemps que les français prennent de l’homéopathie, les fabricants n’auraient pas besoin de prouver efficacité de ce qu’ils vendent » ce qui à mon sens n’est pas une justification valable…

Mais je pense que l’homéopathie à tout de même un intérêt dans le panel de traitement à disposition des français.

L’effet placebo fonctionne, ce qui permet d’affirmer que l’homéopathie fonctionne également. Un grand nombre de patient se voit guérie et c’est ce qui compte. Mieux vaut prendre une bille d’homéopathique qui fonctionne sur vous, que de se gaver de médicaments allopathiques qui ont toujours des effets secondaires plus ou moins importants.

Comment se fait-il que tant de personnes se soignent de cette façon, est-ce qu’il ne serait pas bon de se questionner sur nos pratiques pour garder la santé ?

Prendre un médicament pour n’importe quel petit bobo ne responsabilise pas les patients. Une habitude et une dépendance peut se mettre en place : « J’ai un petit quelque chose il me faut un médicament. » C’est en autre pour cela que les médecins, parfois, se sentent obligés de prescrire quelque chose à leurs patients. Dans le cas contraire, ils ne se sentent pas soigner. Parfois, il n’y a rien à prescrire. Il faut simplement pour le malade un peu de patience ou bien remettre en question son hygiène de vie (plus d’activité physique, de meilleurs habitudes alimentaires… etc etc).

En France, nous somme de gros consommateurs de médicaments, est-ce vraiment une bonne chose ? À qui profite vraiment cette grosse consommation ?

Il existe une méthode qui a été prouvé scientifiquement et à de nombreuses reprises… qui diminue le stress, l’anxiété, la dépression, les douleurs chroniques… qui augmente la concentration, la qualité du sommeil etc etc . C’est la méditation. Alors pourquoi ne pas se tourner vers cette pratiques plutôt que vers des médicaments?

Il est vrai que prendre un médicament est facile. Cela prend 2 secondes … La méditation prend 10 à 20 minutes tous les jours. C’est moins facile, cela demande plus de volonté, mais c’est gratuit !

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