Comment éviter les troubles digestifs ?5 Minutes de lecture

Ce sont les études qui nous le montrent, nous passons de moins en moins de temps à table. Nous ne dégustons plus nos aliments, nous les engloutissons! De ce fait, certains inconforts postprandiaux (arrivant après les repas) sont devenus fréquents voir quotidiens. On peut citer les ballonnements, les brulures d’estomac, les remontées acides…ou encore les douleurs abdominales.

Nos habitudes alimentaires changent, la nourriture est de plus en plus molle, raffinée à l’extrême. Il n’y a plus besoin de mâcher pour faire passer les aliments dans l’œsophage. Résultat, nous perdons la bonne habitude de mastiquer nos aliments et nous prenons la mauvaise habitude d’avaler tout rond, comme le ferait un serpent. Or notre estomac est sensiblement différent…

La première phase de la digestion a lieu dans la bouche, et c’est une étape essentielle!

Que se passe-t-il dans notre bouche?

– Tout d’abord, la mastication

Elle transforme la nourriture que vous avez dans votre assiette en fines particules. Il faut bien comprendre que le travail qui n’est pas effectué par la bouche, devra être effectué plus loin dans le tube digestif. C’est à dire dans l’estomac! L’estomac ne fait passer le bol alimentaire vers l’intestin uniquement quand le contenu de celui-ci est suffisamment liquide. Donc s’il reçoit de gros morceaux d’aliments, il devra produire plus de sucs gastriques pour les rendre plus petits. Ainsi, la digestion sera plus longue, fatiguante (Vous donnant envie de dormir) et pourra provoquer des lourdeurs, des pesanteurs, voir des douleurs.

Le fait que la production de sucs gastriques soit augmentée provoque également une augmentation de l’acidité dans l’estomac. Donc si vous souffrez de brulures d’estomac, de gastrites, bien mastiquer et prendre le temps de manger pourrait grandement vous aider!

– La production de salive

La phase buccale de la digestion ne s’arrête pas uniquement au broyage des aliments. En effet, quand vous brassez les aliments dans votre bouche, ils se mélangent avec la salive. Cette dernière tient un rôle très important dans la digestion. Elle contient de l’amylase salivaire, une enzyme capable de digérer certains glucides contenus dans le pain, les pâtes, le riz, la farine de blé ou encore les céréales. Autant dire dans bon nombre de nos aliments. Si ces glucides ne sont pas assez imprégnés de salive, ils sont mal digérés et ne peuvent pas être assimilés correctement. Ce qui veut dire qu’au lieu de passer dans le sang pour servir de réserve énergétique, ils vont continuer leur trajet dans le tube digestif, où ils fermenteront. Cette fermentation provoque des gaz, des ballonnements, des colites

Les autres effets positifs d’une bonne mastication

– Pour votre ligne

Plus la mastication est longue, plus le cerveau est informé que vous êtes en train de manger. Vous aurez mangé moins de nourriture quand la sensation de satiété se fera ressentir. Donc pas besoin de se resservir une deuxième fois.

Qui plus est, le fait de mastiquer consomme des calories. Ainsi plus vous mâchez, plus vous brulez de calories.

– Pour le plaisir

Plus c’est long plus c’est bon! Un aliment mâché longuement activera plus de récepteurs sur la langue et sur les muqueuses buccales. Ce qui fait que les saveurs seront plus intenses. Cela suppose que vous aimez ce que vous êtes en train de manger…

– Pour votre santé

Les bénéfices d’une salivation importante ne s’arrêtent pas là. La salive nettoie l’émail des dents, elle protège ces dernières contre les caries, et stimule les gencives. Or certaines études ont montré qu’une bouche en mauvais état avait des répercussions négatives sur l’état de santé général.

Cela s’explique par le fait qu’un état buccal altéré entraine une mauvaise mastication, ce qui provoque une mauvaise digestion de certains nutriments qui seront alors mal assimilés. Cette mauvaise assimilation entraine à son tour des carences alimentaires. Le corps sait gérer les carences quand elles sont passagères, mais si elle deviennent chroniques c’est tout l’état général qui peut en pâtir.

– Pour mettre au chômage les orthodontistes…!

Donnez des aliments durs à manger aux enfants comme des carottes crues par exemple. C’est en parti parce que les enfants mangent trop d’aliments mous qu’ils ont besoin d’appareil dentaire en grandissant. La mastication stimule les os de la face, ce qui modèle la mandibule et le maxillaire qui accueilleront les futures dents définitives.

Combien de fois dois-je mâcher avant d’avaler ?

Certains disent qu’il faut mastiquer 32 fois avant d’avaler. C’est le régime du « Grand Masticateur » inventé par Horace Fletcher.

Pour ma part, je ne pense pas que cela soit aussi simple. Cela va dépendre du type d’aliment, de sa consistance mais aussi de la morphologie buccale, ou encore de la force musculaire des masséters.

L’important étant que les aliments soit suffisamment petits et suffisamment mélangés à la salive pour former une pâte liquide.

Quelques conseils

Pour faire parti des personnes qui engloutissaient plus qu’ils ne mangeaient, j’avais beau savoir que c’était une mauvaise habitude, et conseiller à mes patients de bien mâcher, je n’appliquais pas les conseils que je suis en train de vous donner. Jusqu’au jour où j’ai eu un peu plus mal au ventre que d’habitude.

Je peux vous affirmer que ce n’est pas facile de perdre cette mauvaise habitude. On pense à bien mastiquer pendant une ou deux minutes, puis les habitudes reviennent au galop. Mais c’est possible, au bout de quelques jours, j’ai fini par y arriver sans effort de concentration particulier.

J’ai adopté quelques petites stratégies qui m’ont aidées :

  • Commencez le repas par une crudité, par exemple une carotte crue
  • Lorsque vous mangez, ne faites rien d’autre! Supprimez les distractions, pas de télévision, pas de livre, pas de téléphone … etc etc. Il est difficile de se concentrer sur sa mastication en faisant autre chose à coté, surtout au début
  • Mangez assis
  • Mélangez activement votre salive à vos aliments
  • Posez votre  entre chaque bouchée.

 

Si de votre côté vous avez adopté d’autres astuces n’hésitez pas à les partager dans les commentaires!

Passez à l’action !

Ces conseils vous paraissent peut-être simplistes, mais entre savoir et faire il y a une différence énorme. Si vous êtes septiques, soyez « un bon septique » : Essayez, testez, et faites-vous votre propre avis.

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