Comment traiter une blessure musculaire ?8 Minutes de lecture

La classification des blessures musculaires est assez complexe. Il en existe de plusieurs types selon la gravité de la lésion. Sachez qu’il existe d’autres stades avant la déchirure, et que le claquage est un abus de langage…

Il est important de savoir à quoi s’en tenir à la suite d’une blessure musculaire afin de mettre en place la meilleure prise en charge possible. Celle-ci permettra au sportif la reprise de son activité dans les meilleures conditions.

Cet article permet de vulgariser un peu les problèmes musculaires, vous permettant de mieux vous y retrouver. Il vous donne également les conduites à tenir, faut-il mettre du chaud ou au contraire du froid, faut-il masser, étirer …

La classification que je choisis de vous présenter s’appuie fortement du livre « Traumatologie du sport » de Raymond-Gilbert Danowski et Jean-Claude Chanussot.

Les éléments qui seront décrits par la suite sont détaillés pour des individus en bonne santé générale. Car on peut retrouver des troubles musculaires en cas de syndromes grippaux, de pathologies neurologiques, vasculaires ou endocriniennes.

Les courbatures

Un article assez complet sur les courbatures que je vous invite à consulter ici a été publié récemment sur id-santé. Pour rappel, les courbatures surviennent principalement lors de la reprise de l’activité sportive, ou lorsque les muscles sont sollicités d’une manière inhabituelle, par des exercices que le corps ne fait que très rarement. Les conseils face aux courbatures sont simples :

  • Massages
  • Application de chaleur, de crème décontractante
  • Pratique d’une activité physique de très faible intensité, spécifique du groupe de muscle sensible. Le but étant de refaire fonctionner les muscles douloureux et ainsi de favoriser le drainage et l’élimination des déchets.

Les incidents musculaires, sans lésion anatomique

Nous entrons dans le vif du sujet, puisqu’il s’agit des crampes et des contractures.

Les crampes musculaires

Une crampe est une contraction intense, brutale, douloureuse et TRANSITOIRE d’un muscle. Elle se produit quand le sang n’apporte plus assez d’oxygène au muscle. Elle peut survenir à l’effort, ou au repos, en particulier la nuit. Les crampes sont causées en général par plusieurs facteurs :

  • Une activité physique excessive
  • Un échauffement insuffisant
  • Un temps de récupération trop court
  • Un type d’effort entrainant une production d’acide lactique importante
  • Un manque d’hydratation ou d’apport en potassium, calcium, magnésium.

Si vous souhaitez plus d’informations sur les crampes musculaires, un article que je vous invite à consulter ici a été publié récemment.

Les contractures musculaires

Ce sont des contractions douloureuses et PERMANENTES, ne cédant pas à l’arrêt de l’effort. Contrairement aux crampes citées précédemment, elles pourront durer plusieurs jours. Il en existe de deux types :

– Soit, elles sont liées à une sur utilisation musculaire, lors d’une activité physique intense. Auquel cas, l’individu ressent une douleur très localisée, une sensation de pointe. A la palpation, il pourra retrouver une sensation de corde ou de boule au niveau de la zone douloureuse.

Dans ce cas précis, l’application de chaud et la réalisation d’étirements doux est fortement conseillé. De plus, il est très pertinent de faire appel à un kinésithérapeute qui pourra travailler en profondeur sur la zone musculaire douloureuse.

– Soit, elles sont liées à un blocage articulaire. Ce que l’on appelle les dysfonctionnements ostéo-articulaires. Ces contractures sont des contractures de défense, en réaction réflexe à un blocage. L’individu ressent alors une perte de mobilité pouvant aller jusqu’au blocage complet avec une douleur diffuse dans toute la zone concernée. Les exemples très parlant sont les torticolis (avec contracture réflexe des trapèzes par exemple) ou les lumbagos (avec contracture réflexe des carrés des lombes ou des psoas*).

Dans ce cas précis, il sera très pertinent de consulter un ostéopathe afin de lever ce blocage articulaire et relâcher le muscle. L’application de chaud pourra également soulager la douleur.

* Un article sur le psoas a été publié récemment sur notre blog, vous pouvez y accéder ici.

Les accidents musculaires avec lésion anatomique

Les élongations musculaires

Ce sont de petites lésions des fibres musculaires. On peut parler de micro-déchirures. Elles apparaissent au début ou pendant une activité physique, suite à un rythme trop soutenu ou à un mauvais échauffement. La douleur survient brutalement. L’intensité est modérée étant donné que la poursuite de l’effort est possible malgré une gêne persistante.

La prise en charge immédiate doit être l’application de glace sur la zone douloureuse pour limiter l’inflammation, ainsi que la mise en place d’une contention sous forme de strapping si l’effort doit être poursuivi; Bien que cela ne soit pas réellement conseillé…Vous pourriez abimer encore un peu plus les fibres musculaires déjà lésées.

Par la suite, un repos sportif d’environ 10 jours (relatif à l’individu) doit être respecté. Période durant laquelle pourront être mis en place assez rapidement, massages, application de chaleur, et kinésithérapie. Il est déconseillé de venir étirer le muscle lésé ; Favorisez plutôt le massage. La compétition pourra être reprise au bout de 15 jours, l’échauffement devra être irréprochable !

Les déchirures musculaires

On parle ici de la déchirure partielle du muscle. Elle survient suite à une contraction musculaire intense et violente ou à la suite d’une agression extérieure sur un muscle contracté; Par exemple lors d’un contact entre deux joueurs de foot.  Ici, la poursuite de l’activité sportive est impossible tant la douleur est importante. Une ecchymose (tâche violacée) pourra apparaitre dans les 2 jours suivant le traumatisme.

Nb : En cas de doute sur la prise en charge et le degré de l’atteinte, il ne faut pas hésiter à effectuer un contrôle chez votre médecin.

Dans un premier temps, la prise en charge consiste à glacer la zone touchée et à l’immobiliser avec une contention. L’immobilisation pourra aller de 2 à 3 semaines. La cryothérapie peut aussi être un moyen de limiter l’inflammation.

Dans un second temps, massages, chaleur, kinésithérapie et rééducation sont préconisés (Car le muscle va perdre en tonus et en force suite à l’immobilisation.). L’activité sportive ne pourra être envisagée qu’au bout de 3 à 4 semaines sous le contrôle du kinésithérapeute.

Nb : La chaleur est appliquée dans un second temps, une fois la période inflammatoire atténuée. Le chaud placé sur le muscle va provoquer la vasodilatation des vaisseaux sanguins, c’est à dire l’augmentation du flux sanguin apporté au muscle. Cela va permettre d’augmenter les échanges, une meilleure récupération voir une meilleure réparation des tissus lésés. 

Les ruptures musculaires

La déchirure du muscle est totale. Les circonstances d’apparition et les conséquences sont similaires à la déchirure citée précédemment. On retrouve une douleur violente et l’impossibilité de se servir du membre atteint.

La prise en charge immédiate consiste à immobiliser le membre atteint et à envoyer l’individu aux urgences afin de déterminer si une intervention chirurgicale est nécessaire. Ensuite, une immobilisation de 3 semaines devra être respectée.

La rééducation par kinésithérapie peut commencer à la fin de cette phase d’immobilisation. Elle est assez longue et fastidieuse, pouvant durer 6 à 9 semaines. Quoi qu’il en soit, la compétition ne pourra être envisagée qu’au bout de 10 à 12 semaines…

 

Un tableau récapitulatif est à votre disposition ici !

 

Les accidents musculaires liés à une cause extérieure

Explication

Ils se produisent lorsque le muscle a subi un traumatisme lors d’un choc important. L’individu peut avoir pris un coup ou fait une chute violente.

Les conséquences vont d’un simple écrasement de quelques fibres musculaires, on parlera alors de contusion, à la déchirure voir à la rupture totale du muscle

Dans tous les cas on retrouvera un hématome de taille plus ou moins importante selon le traumatisme. Il est dû au saignement des structures internes, soit par écrasement des petits vaisseaux sanguins (contusion), soit par leur arrachement dans les cas plus graves.

Une ecchymose pourra également apparaitre dans les jours suivant le traumatisme.

Prise en charge

Dans tous les cas, l’arrêt de l’effort est recommandé afin d’évaluer l’état de l’individu. Si le sportif peut continuer son effort, il est pertinent de glacer et de strapper le muscle atteint. Mais d’une manière générale, cela reste déconseillé de continuer de forcer sur un muscle lésé, surtout ne connaissant pas l’étendue des dégâts. Le risque d’aggravation est réel.

Une simple contusion sera traitée comme une élongation (Voir ci-dessus) et nous avons déjà détaillé la prise en charge de la déchirure et de la rupture musculaire.

 

En conclusion…

Un bon diagnostic de votre accident musculaire est prépondérant pour la suite car il déterminera la prise en charge optimale. En cas de doute, il ne faut pas hésiter à consulter un médecin spécialisé ou votre kinésithérapeute.

Ne mettez pas de côté votre rééducation. Elle est fondamentale afin de ne pas subir des séquelles pendant plusieurs mois, voir plusieurs années et pour éviter de vous blesser de nouveau.

Un article sera prochainement publié concernant les étirements, très souvent soumis à controverse.

 

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