Comment le sport peut-il perturber la croissance de vos jeunes ados ?8 Minutes de lecture

Le sport est un élément indispensable à l’épanouissement de vos enfants. Il leurs procure un bien être psychique et physique indiscutable. Il leurs permet de canaliser leur énergie, et de progresser à leur rythme dans une discipline qui bien souvent les passionne.

Mais c’est à haute dose que le sport peut s’avérer nocif. Dans des proportions démesurées. Car nous allons voir que pendant la croissance, le squelette de votre enfant est loin d’être terminé. Nous vous expliquerons pourquoi il faut être très attentif aux douleurs de vos petits sportifs.

Cet article n’a pas pour but de culpabiliser qui que ce soit. L’objectif est plutôt d’alerter les parents et les entraineurs sur des pathologies qui existent bel et bien, mais qui sont encore trop peu prises en considération dans l’établissement des programmes d’entrainement et dans l’écoute des jeunes sportifs.

La croissance

Pendant la croissance, le squelette grandit par un phénomène de multiplication des cellules cartilagineuses et la transformation de ces dernières en cellules osseuses. Ce phénomène se produit sous l’impulsion de nombreuses hormones dont entre autre l’hormone de croissance.

Les os vont se développer en largeur et en longueur. En largeur grâce à l’action du périoste, stimulé par les contraintes sur le squelette, comme l’activité physique par exemple. En longueur grâce au cartilage de conjugaison ou plaque de croissance, situé aux deux extrémités des os.

Au fur et à mesure que l’enfant grandit, l’os se développe par l’intermédiaire de ce cartilage de conjugaison. Du cartilage est constamment créé, permettant l’allongement de l’os. Le cartilage présent s’ossifie, permettant à l’os d’atteindre son aspect définitif.

 

Nb : Le cartilage de croissance n’a pas le même rôle que le cartilage articulaire qui lui sera situé entre les os, permettant le glissement des articulations.

Les effets du sport à haute dose sur la croissance

Lors d’une pratique sportive intensive, le cartilage de croissance va être soumis de façon répétée à des microtraumatismes. Ce phénomène se produit par la traction répétée des tendons (zone d’insertion du muscle sur l’os) sur une partie du squelette n’étant pas encore totalement constituée. Cela provoque une inflammation de cette zone, pouvant être responsable de douleurs. Une croissance rapide aura tendance à accentuer ce mécanisme.

Il faut bien comprendre que ce n’est pas le fait de faire du sport qui provoque ce phénomène, mais la fréquence et la durée des entrainements. Plus votre enfant a d’entrainements dans la semaine, plus il est exposé. Et certains sports sont bien plus contraignants que d’autres. C’est le cas des sports de course à pied, de prises d’appuis, ou de sauts (basket, foot, handball, rugby, badminton, athlétisme …etc.)

Les pathologies les plus fréquentes que nous avons choisi de vous expliquer ici sont la maladie de Sever touchant le talon,  Osgood-Schlatter touchant le genou, et la maladie de Scheuermann touchant la colonne vertébrale.

 

Les pathologies de croissance les plus fréquentes chez les jeunes sportifs

La maladie de Sever

Explication de la pathologie

C’est une pathologie caractéristique du jeune sportif (principalement entre 12 et 15 ans) touchant le talon. C’est l’équivalent de la tendinopathie d’Achille chez l’adulte. (Voir l’article sur les tendinopathies ici)

Le plus souvent l’atteinte est située d’un seul côté. Mais il est possible de retrouver des douleurs de chaque côté. Elle se caractérise par une inflammation provoquant une douleur intense au niveau du talon, à l’appui (marche, course, réception de saut). L’origine de la douleur n’est pas traumatique; L’apparition est au contraire progressive.

L’os du talon est en relation avec plusieurs muscles de la voute plantaire, mais aussi et surtout avec le tendon d’Achille, qui est la terminaison du muscle du mollet.

Une activité sportive trop intense et trop fréquente aura pour conséquence de tirer de manière répétée sur cette attache et de provoquer l’inflammation. Une fois l’inflammation installée, le processus douloureux se met en place.

Et cette affection est un cercle vicieux. Comme il existe une douleur au talon, l’enfant ne veut pas s’appuyer dessus et tente d’éviter la douleur en marchant sur la pointe des pieds. Mais c’est encore plus douloureux car la traction du tendon d’Achille sur l’os du talon est stimulée et provoque encore plus de douleur.

Quelles sont les solutions ?

– Dans un premier temps, un repos sportif est nécessaire.

– Le port de semelles orthopédiques est essentiel. Elles permettront de limiter la douleur en soulageant l’appui sur la zone précise de la douleur (grâce à un amorti plus important). Les compensations liées à une éventuelle boiterie seront donc considérablement atténuées. Elles devront être portées au moins 2 mois.

– Il sera aussi pertinent d’effectuer de la kinésithérapie et des étirements pour lutter contre la raideur du mollet afin de diminuer la tension du tendon d’Achille sur le talon. Vous pouvez accéder aux étirements ici.

 

Osgood-Schlatter

Explication de la pathologie

Cette pathologie se caractérise principalement par une douleur de genou, dans une zone précise du tibia, située sous la rotule appelée tubérosité tibiale antérieure. L’enfant ressent une sensation de piqure et de brûlure dans cette zone.

Il sera gêné lors de la montée ou la descente des escaliers, l’accroupissement, l’agenouillement, et bien sûr lors de la pratique sportive. En effet, les sauts, et les accélérations peuvent se révéler très douloureux.

Cette partie osseuse du tibia est en relation avec le quadriceps, qui est le muscle de la partie antérieure de la cuisse. De la même façon que dans la maladie de Sever décrite précédemment, une activité sportive trop intense et trop fréquente aura pour conséquence de tirer de manière répétée sur cette attache et de provoquer l’inflammation.

 

Quelles sont les solutions ?

– Il ne faut pas s’inquiéter si ce diagnostic est posé par votre médecin. Un simple repos sportif de plusieurs semaines sera nécessaire pour diminuer l’inflammation.

– De la kinésithérapie et des étirements des quadriceps pourront également être conseillés. Ces muscles auront tendance à l’enraidissement, venant majorer encore plus le phénomène de traction sur cette partie osseuse.

– De la glace peut également être appliquée sur la zone douloureuse pour limiter l’inflammation et anesthésier la douleur.

 

Maladie de Scheuermann

Explication de la pathologie

Cette affection se caractérise le plus souvent par des douleurs de la partie haute du dos et une attitude typique de cyphose dorsale exagérée (Haut du dos vouté).

Sans qu’il n’y ait de lien absolu, il semblerait tout de même que cette pathologie soit plus fréquente en milieu sportif. Elle concernerait les individus ayant des contraintes mécaniques trop importantes sur la colonne vertébrale avec la répétition de mouvements, ou bien le fait de soulever de manière répétée des charges lourdes.

Les différents critères permettant d’affirmer cette pathologie sont :

  • Un adolescent en période de croissance
  • La présence d’une cyphose de la partie haute du dos (dos vouté)
  • Des douleurs de dos pouvant se situer sur toute la colonne (En dehors de tout contexte traumatique)
  • Un aspect spécifique lors de l’examen radiographique que je ne détaillerai pas ici

Quelles sont les solutions ?

– Un avis médical est indispensable et permettra de mettre en place le protocole thérapeutique le plus adapté pour votre enfant.

– Il est à noté que l’évolution de cette pathologie cesse à la fin de la croissance. Cela ne sera donc pas forcément pertinent de restreindre le sport d’un ado en fin de croissance. Cependant, chez les jeunes ados, selon l’importance des douleurs et de la courbure dorsale, des restrictions s’imposent. Il faudra éviter les sports de contrainte, le port de charge lourde et adapter le poste de travail de l’enfant pour favoriser une position assise la plus droite possible.

– Un traitement orthopédique, c’est à dire le port d’un corset pourra être mis en place. Il sera associé à de la kinésithérapie pour tenter de corriger la courbure dorsale.

 

En conclusion

Il est très important d’être à l’écoute des douleurs articulaires que peuvent décrire vos enfants. Dans un premier temps, une simple diminution de la fréquence des entrainements peut suffire à régler le problème. Il vaut mieux ralentir quelques temps plutôt que de devoir s’arrêter plus tard pendant plusieurs mois.

Des sports moins traumatiques peuvent être pratiqués en substitution le temps que le squelette termine sa croissance; Comme la natation par exemple.

La reprise du sport pourra se faire une fois les douleurs disparues.

 

1 Comment

  1. La croissance nécessité un excellent statut en micronutriments. L equilibre acide base est primordial et souvent altéré par la pratique sportive. Des corrections alimentaires sont souvent nécessaires. Des complementations ciblées également : vitamine d, fer, mg Et surtout formules alcalinisantes voir labo lereca spécialiste dans ce domaine.

Poster un Commentaire